G- je m're-présente
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Jean-François a terminé sa cure, Tarzan lui demande :
- Alors Di Caprio, t'es prêt pour retourner à l'hôpital.
- Eh, faut pas trop perdre la main. Quinze jours d'arrêt et j'attaque. Avé les cigales et l'aïoli. Et le pistou, et le romarin dans la Garrigue… Bon, salut la compagnie. Faut que je prenne le train pour Paris puis Toulon… une petite trotte.
C'était un discret, Jean-François, pas eu beaucoup l'occasion de parler avec lui.
- Comment ça se fait qu'il soit venu de Toulon pour se faire soigner ici ? ça fait au moins mille bornes.
- Il bosse à l'hôpital. alors il était un peu gêné aux entournures d'aller faire un séjour en alcoologie là-bas. Comme il a une cousine qui travaille ici il en profité.
- Il a bien fait. Il est infirmier ?
- Non diététicien.
- Ah oui ! J'comprends.
Voilà pour les trois premiers enfants qui sont nés en moins de trois ans. En fait je n'ai pas souvenir d'avoir habité avec eux : Monique est partie travailler puis elle s'est mariée quand j'avais cinq ans. Solange a exercé son métier d'infirmière dans un hôpital psy (à l'époque on disait chez les fous) assez loin de la maison, elle était logée je ne sais où. Après son service militaire, Jacques a trouvé un travail de chauffeur routier dans le sud ouest.
Les rares souvenirs que je garde des rassemblements avec eux sont les « fêtes de familles ».
Curieuse expression en l’occurrence !
Par exemple, quand j’ai eu sept ans, il y a eu ma petite communion. Tous mes frères et sœurs, les maris et fiancée des aînées, étaient rassemblés pour l’occasion, c’était ma fête en principe. J’avais reçu des cadeaux : je me souviens d’un album de « Mockie et Poupie » et d’ « Astérix et la serpe d’or.»
ça avait bien commencé, le repas avait été excellent, j’avais un beau costume avec un noeud papillon, puis ma mère m’avait lu « Mockie et Poupie »
Tout allait très bien et il y a eu une engueulade monstre : Solange reprochait à Jacques ses fréquentations, sa coupe de cheveux, son laissé aller général. Les noms d’oiseaux fusaient. Il y a même eu une bagarre et de la vaisselle cassée.
Je me suis réfugié dans la grange, je me sentais trahis, seul abandonné. On m’avait volé ma fête. J’ai déchiffré Astérix à la lumière d’une lampe de poche.
Et le pire c’est que Solange m’a refait le même coup pour ma communion solennelle ! il y en a qui ont de la suite dans les idées.
Cinq ans après Jacques, Bernard est né. A quatorze ans il est parti faire un apprentissage, il était hébergé par notre grand-mère. Sans enthousiasme.
Je me souviens des dimanches soirs, il avait un cafard à couper au couteau, cela contaminait toute l'assemblée. Ses vêtements de travail séchaient près de la cheminée. Tôt le lundi matin, je l'entendais démarrer sa mobylette avant de faire les quarante kilomètres qu'il avait à parcourir pour aller à son travail. Qu'il pleuve, qu'il vente. Je me rendormais bien vite dans mon lit douillet, mais cela me gâchait le plaisir de cette fin de nuit.
Ensuite Martine ; elle a habité à la maison jusqu'à mes onze ans. Elle s'était mise dans le crâne de m'inculquer les bonnes manières à table en me donnant des coup de fourchette sur les doigts et en me faisant des remarques incessantes. A cause d'elle, venir manger était un calvaire. Je lui en ai longtemps voulu et à mes parents aussi qui laissaient faire, ils auraient pu lui dire « lâche lui la grappe ! »
Un an et demie après Martine arrive Pierre. Il conclue la deuxième série de trois enfants.
OK. Ce sera le dernier né de la famille.

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