K. Mes voisins

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Dès ma perf terminée, j'ai fait le ménage en grand dans ma chambre, je suis allé faire une demi-heure de rameur, j'ai lavé mes vêtements de la veille. J'aime bien que tout soit clean. Je suis en train de lire assis dans mon fauteuil quand Carine frappe à ma porte et entre. - Excusez-moi monsieur Cortes j'ai oublié de vous dire, il faut que vous alliez à la radiographie et au scanner. Vous avez rendez-vous à midi.

- Bon pas de problème, j'y vais.

- Je vous accompagne.

- J'ai l'impression que vous avez pas mal de travail, j'ai repéré où ça se trouve, je vais tâcher de me débrouiller.


J'ai fait les examens, l'infirmière m'a fait remarqué que c'était déconseillé de se déplacer dans un hôpital pieds nus. Je crois que je vais désormais remettre mes sandales. Pas envie de jouer les rebelles ici.

Je retourne au service, c'est l'heure du déjeuner. Je croise Carine.

- ça c'est bien passé ?

- Oui, pour la radio, rien de spécial, à l'échographie, le médecin m'a dit que j'avais le foie gras. Alors je m'interroge, est-ce que j'arrête le maïs… l'alcool... ou est-ce que je laisse filer pour être à point pour les fêtes de fin d'année…

- J'ai de la peine à croire que vous consommiez autant de maïs que d'alcool. En tout cas votre fois gras je doute que quelqu'un en veuille pour le réveillon, pas plus à Noël qu'au premier de l'an !


Ce n'était pas « vipère aux poings » tout de même mon enfance, il y avait un tas de braves gens à Coëx. D'abord, mes deux petites voisines : Chantal et Roseline, elle étaient placées par l'Assistance Publique dans une famille d'accueil, un couple sans enfants.

Nous jouions beaucoup ensemble, je les aidais à faire leurs devoirs, elles étaient peu douées pour les apprentissages scolaires ; les racines du savoir faisaient cruellement défaut.

Il y avait aussi Ernest et Hélène, deux petits vieux qui avaient toutes les attentions du monde pour moi.

Il y avait encore le Mexicain, un commerçant borgne qui faisait la tournée de la campagne avec son camion épicerie. J'allais avec la liste des commissions, c'était bien rare s'il n'ajoutait pas une sucette, un malabar ou un carambar…

- Et les rodoudous qui nous niquaient les lèvres et nous chiquaient les dents et les Mistral Gagnants.

Hier soir, pendant le dîner, j'ai expliqué ce que j'étais en train de faire avec le traitement de texte. Comme je raconte la cure, je ne vois aucun inconvénient à ce que chacun vienne lire ce que j'écris.

Sitôt la fin du repas, Tarzan m'a demandé “tu m'montre ton truc, Kojak” grillant la place à Philippe qui préfère faire sa partie d'échec plutôt que la vaisselle.

Ce matin c'est Geoffrey qui vient voir ce que j'écris.

- Franchement, je ne me rappelle pas de ça. P'ête que Renaud achetait ses Mistals-Gagnants en ville. Je ne me souviens pas s'il y en avait dans le camion du mexicain.

- à propos, y'a quelque chose qui m'étonne. Qu'est-ce qu'il faisait chez tes bouseux ce mexicain ?

- Il était pas plus mexicain que toi et moi, c'était la marque de café qui était écrite sur son camion.

- Son sponsor quoi.

- Oui, enfin il n'en abusait pas. « Le café ça énerve », disait-il, alors il préférait aller prendre un verre dans les caves de ses clients. Moyennant quoi, il était fin saoul à la fin de la tournée. Le camion devait connaître le chemin pour rentrer le soir.

- Le pilotage automatique.

- Exactement. en fait, le camion du mexicain il état truffé de gadgets électroniques : des capteurs, des microprocesseurs en veux-tu en voila… tout ça bien avant l'essor de la Silicon Valley. Faut pas dénigrer les vendéens.




Article ajouté le 2007-06-16 , consulté 167 fois

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